Aller au contenu
Genevois Informatique
Infogérance

Windows Server : les rôles à garder, les pratiques à arrêter

Fichiers, annuaire local et base d'un logiciel métier restent des usages légitimes. Le bureau à distance publié sur Internet et le compte admin partagé, beaucoup moins.

Par ·

Serveur Windows monté en rack dans un local technique

Dans une entreprise de travaux publics installée près de Saint-Julien-en-Genevois, le serveur s'appelle encore SERVEUR. Il ouvre les sessions des dix-huit postes, héberge les dossiers de chantier, fait tourner la base du logiciel de facturation et pilote le copieur du couloir. Il n'a pas redémarré depuis très longtemps, le mot de passe d'administration est le même que celui du Wi-Fi, et trois personnes se le partagent. Tant qu'il fonctionne, personne ne s'en occupe. Le jour où il s'arrête, l'entreprise s'arrête avec lui.

Windows Server est le système d'exploitation des serveurs Microsoft. Ce n'est pas le Windows de vos postes de travail, ce n'est pas Azure, et ce n'est pas Microsoft 365, qui est une suite de services en ligne. Dans le Bassin Genevois, nous le trouvons encore très souvent, soit sur une machine physique dans le local technique, soit dans une machine virtuelle posée sur un hyperviseur. La bonne question n'est pas de savoir s'il faut l'éteindre, mais de savoir quels rôles justifient encore qu'il tourne, et lesquels sont devenus des risques.

Les rôles qui justifient encore un Windows Server en PME

Le partage de fichiers reste le premier usage légitime. Un atelier qui manipule des fichiers de conception volumineux, un cabinet qui travaille sur une arborescence de dossiers construite depuis quinze ans, une équipe qui a besoin d'un accès rapide en réseau local: dans ces cas, un serveur de fichiers local répond mieux qu'une synchronisation vers le cloud, à condition que les permissions soient tenues par groupes et non par personne.

L'Active Directory local garde du sens quand vous devez appliquer des stratégies de groupe fines, gérer des postes qui ne sont pas connectés en permanence à Internet, ou satisfaire une contrainte imposée par un logiciel métier. Il s'agit de l'annuaire qui authentifie les utilisateurs et les machines. Son équivalent en ligne fonctionne différemment, et nous expliquons cette distinction dans notre article sur Entra ID.

L'application métier collée à une base de données est souvent la vraie raison de garder le serveur. Un logiciel de gestion de production, une comptabilité ancienne ou un outil sectoriel qui exige une instance SQL Server locale ne se déplacent pas sur un coup de tête. Le service d'impression complète parfois la liste, notamment quand plusieurs copieurs doivent partager des pilotes et des files identiques.

Ce qu'il faut arrêter, parce que le risque n'est plus proportionné

Trois pratiques reviennent systématiquement dans les parcs que nous reprenons, et toutes les trois se corrigent en quelques heures.

  • Le bureau à distance est publié directement sur Internet, généralement pour dépanner un salarié en télétravail. Ce port est balayé en permanence par des robots qui testent des mots de passe. L'accès doit passer par un tunnel privé d'entreprise, pour les raisons que nous exposons dans bureau à distance ouvert sur Internet.
  • Un compte d'administration unique est partagé entre plusieurs personnes et parfois entre plusieurs prestataires. Vous perdez alors toute traçabilité: après un incident, les journaux indiquent une action sans dire qui l'a menée. Nous passons systématiquement à des comptes nominatifs, et les secrets d'administration rejoignent un coffre d'équipe dont les accès sont eux-mêmes tracés.
  • Les correctifs de sécurité ne sont pas appliqués, souvent par crainte de casser l'application métier. La solution n'est pas de renoncer aux correctifs, mais de les tester sur une copie de la machine virtuelle et de les appliquer dans une fenêtre planifiée.

Une messagerie Exchange hébergée dans vos murs entre également dans cette catégorie. Elle demande un niveau d'entretien et une protection contre les abus que peu de PME peuvent assumer, et le déplacement vers Exchange Online résout la plupart de ces contraintes.

Serveur Windows en baie et console d'administration
Serveur Windows en baie et console d'administration

La sauvegarde d'un annuaire ne ressemble pas à celle d'un dossier

C'est le point sur lequel les entreprises se croient couvertes à tort. Copier le contenu du disque d'un contrôleur de domaine ne suffit pas à restaurer l'annuaire: la reconstruction demande une sauvegarde de l'état du système, une procédure de restauration adaptée, et une vérification de la cohérence après remise en service.

Le même raisonnement vaut pour une base de données. Une base ouverte et en cours d'écriture ne se sauvegarde pas correctement par simple copie de fichiers. Il faut une sauvegarde applicative, cohérente, ou un mécanisme qui met la base en état stable pendant l'opération.

Enfin, un instantané de machine virtuelle n'est pas une sauvegarde. Il vit sur le même hôte, il disparaît avec lui, et il ne protège ni du rançongiciel qui obtient les accès de l'hyperviseur, ni de l'incendie du local. Un boîtier de stockage réseau installé à côté du serveur ne constitue pas davantage une copie hors site. Nous développons ce raisonnement dans la règle 3-2-1 et dans vous faites des sauvegardes, cela ne suffit pas.

Garder le serveur, le déplacer ou le remplacer: comment nous tranchons

Trois trajectoires existent, et elles se choisissent sur le contenu de l'inventaire, pas sur une doctrine.

Vous gardez le serveur sur site lorsque l'application métier l'impose ou que le volume de fichiers consultés en local est important. Il doit alors tourner dans une machine virtuelle propre, être sauvegardé hors de son hôte, être supervisé, et disposer de comptes d'administration nominatifs.

Vous le déplacez vers le cloud lorsque le local est inadapté, qu'un déménagement approche, ou que plusieurs sites doivent y accéder. Cette opération se prépare, notamment sur la latence réseau et sur la facture mensuelle, et nous en décrivons les conditions dans Azure pour une PME. Nos missions cloud sont facturées 1000 HT / jour et se conduisent à distance.

Vous remplacez certains rôles lorsque l'usage a changé. Des fichiers d'équipe qui ne servent qu'à quelques utilisateurs mobiles vivent souvent mieux dans un espace collaboratif en ligne, à condition de savoir que cet espace n'est pas non plus une sauvegarde et qu'il demande sa propre copie externe.

Un point de calendrier mérite d'être vérifié plutôt que supposé. Chaque version de Windows Server dispose de dates de fin de support publiées par l'éditeur, et ces dates conditionnent la réception des correctifs de sécurité. Nous consultons le calendrier officiel de Microsoft pour votre version précise et nous vous transmettons l'échéance qui vous concerne, car une version sans correctifs devient une porte ouverte, même derrière un pare-feu.

Notre méthode pour reprendre un Windows Server que personne ne suit

Nous commençons par l'inventaire: version installée, rôles actifs, licences détenues, sauvegardes existantes et leur destination, comptes disposant de droits d'administration, et liste des services ou applications qui s'y connectent. Cette étape révèle presque toujours des accès obsolètes et des tâches planifiées oubliées.

Nous sécurisons ensuite dans un ordre précis: fermeture des accès distants publiés sur Internet, création de comptes nominatifs et suppression des comptes partagés, mise en place d'une sauvegarde qui sort de l'hôte, puis application des correctifs dans une fenêtre planifiée après test. Nous installons la supervision pour être prévenus d'un disque qui se remplit ou d'un service arrêté avant que vos utilisateurs ne le signalent. Nous terminons par une restauration de test et par une documentation remise à la direction.

Ce suivi entre dans la gestion des serveurs, incluse dans notre contrat d'infogérance à partir de 120 HT / mois. Les licences Windows Server relèvent de Microsoft ou de votre revendeur et ne figurent pas dans nos tarifs. En dehors d'un contrat, une intervention d'urgence se facture 230 HT / h. Nous nous déplaçons dans le Bassin Genevois pour la partie matérielle et intervenons à distance ensuite, avec le même montant hors taxes en euros et en francs.

Si votre serveur porte encore un nom générique et que plus personne ne détient son mot de passe d'administration, écrivez-nous avant la panne. Reprendre les clés d'une machine qui fonctionne prend quelques heures. Les reprendre sur une machine arrêtée prend un week-end.

Commençons ensemble

Un projet, une panne, un rendez-vous.

Choisissez un créneau, ou décrivez votre besoin : nous répondons avec un périmètre clair, un prix hors taxes en euros ou en francs, et un interlocuteur nommé.